D’un océan à l’autre
Leon Ray Livingston
Traduction et préface de Thierry Beauchamp • Ouvrage soutenu par le CNL • Inédit en français
Tout commença par un pari entre Leon Ray Livingston et un rédacteur en chef new-yorkais : n’avoir aucun mal pour le premier à trouver un compagnon de voyage pour une traversée « à la dure » de l’Amérique s’il faisait passer une annonce dans le journal du second.
Parmi les milliers de réponses, celle d’un jeune homme de 18 ans plein de culot : Jack London, qui persuada Livingston de l’emmener avec lui. Ils se lancèrent dans leur périple en 1894, sans un sou en poche.
Malgré sa jeunesse, London avait déjà une solide expérience de la route. Cette traversée légendaire d’un océan à l’autre des États-Unis fut ponctuée de nombreuses courses-poursuites avec les « flics du rail », de diverses mauvaises rencontres avec des vagabonds...spécialisés dans le racket, d’une étape dans « l’abîme de Chicago », de curieuses découvertes (comme une colonie des divorcées)... Après avoir frôlé plusieurs fois la mort, ils parvinrent enfin à leur but : la Californie !
Ce récit des tribulations de Livingston et du jeune Jack London nous éclaire avec précision – et souvent humour et impertinence – sur la rude vie de milliers d’hommes poussés par la pauvreté à voyager d’un État à l’autre à la recherche de travail, en s’embarquant clandestinement sur les trains. Ces vagabonds furent pendant plusieurs décennies un spectacle familier du continent américain. Et s’inscrivirent rapidement dans la culture populaire.
D’un océan à l’autre est ainsi un document des plus précieux pour saisir un pan de l’Amérique du XXe siècle. Et les origines de la légende de l’immense écrivain qu’allait devenir Jack London.
Leon Ray Livingston naît à San Francisco en 1872, au sein d’une famille aisée. À 11 ans, il est renvoyé de l’école et s’enfuit alors avec un peu d’argent volé à sa mère et le fusil de son père. Commence pour lui trente années de vagabondage, lors desquelles il recherche ouvertement la célébrité. Il embrasse sans vergogne la pratique du « branding », comme en témoigne le slogan figurant sur les couvertures de ses douze livres auto-édités : « Le vagabond le plus célèbre d’Amérique, qui a parcouru 500 000 miles avec 7,61 dollars. » Il faut mettre à son crédit d’avoir révélé le code des signaux des hobos et le sens de nombreuses expressions argotiques de ses compagnons de route. Par amour, Livingston renonce à la route en 1914 et s’installe en Pennsylvanie, où il mène une « vie ordinaire ». Il meurt en 1944.
ISBN : 9782373853513
Collection : La Grande Collection
Domaine : États-unis
Période : XIXe siècle
Pages : 176
Parution : 7 mai 2026