Sean J. Rose, Livres hebdo

Sean J. Rose, Livres hebdo

Précurseur de la littérature américaine vernaculaire «hardboiled», Jim Tully témoigne de son expérience d’errance au sein d’un cirque dans l’entre-deux-guerres.
Dans l’Espagne du Siècle d’or naît le roman dit picaresque, un récit autobiographique d’un protagoniste pfcaro, « miséreux », agile et roubiard, qui entraîne le lecteur dans ses péripéties. Autres temps, autres mœurs… et autres narrateurs. En traversant quelques siècles et l’océan, le héros devient un chenapan du Mississippi chez Mark Twain ou un misfit aventurier avec Jack London… Et fin des années 1950, un antihéros bohème grâce à l’un des classiques de la littérature vagabonde américaine : le bien nommé Sur la route de Jack Kerouac, incontournable de la Beat generation. Pourtant, de tous les auteurs de fiction “hard-boiled”, « à la dure » comme l’œuf difficile à gober, à savoir sans mâcher ses mots et retranscrivant le parler vernaculaire des pauvres hères, travailleurs migrants et autres hobos, il en est un qui fut passablement oublié de ce côté-ci de l’Atlantique avant les efforts des Éditions du Sonneur : Jim Tully.

Après Vagabonds de la vie : autobiographie d’un hobo, dont la traduction a paru sous leur houlette en 2016, voici Circus parade, autre récit de vie picaresque dans le sud des États-Unis, où Tully raconte son expérience d’errance au sein d’un cirque. On y goûte à nouveau une prose à la fois simple et chatoyante (chapeau le traducteur !), avec cette syntaxe aussi cabossée que les existences auxquelles se frotte le narrateur. Les cirques de l’époque exploitent toutes sortes d’individus qui n’ont rien d’autres à vendre que leurs difformités ou leurs muscles – acrobaties périlleuses ou obésité monstrueuse données en pâture au public voyeur de l’empire du toc. Dans l’univers circassien, bien moins poétique que ses images d’Épinal, on croise les rebuts de la société, parmi lesquels des Noirs, anciens esclaves, que la nation a affranchis mais qui souffrent encore des pires discriminations raciales. Et toujours derrière le spectacle une féroce âpreté au gain, et une misère humaine que l’autre vie pleine de glamour de Jim Tully – il était attaché de presse de Charlie Chaplin, ami des célébrités d’Hollywood – n’a jamais fait oublier.

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