Liberation Sanctuaire

Libération • Frédérique Roussel

Dans un monde a priori postapocalyptique, une famille a trouvé refuge depuis des années dans la montagne, à l’abri de falaises. Gemma, la narratrice, est la fille la plus jeune des deux, qui n’a pas connu le monde d’avant, qui est née dans le « Sanctuaire ». June l’aînée allait à l’école, à des anniversaires, avait des jouets. Elle habitait avec ses parents dans une maison sur pilotis. Papa était un sculpteur célèbre un peu iconoclaste, maman écrivait des romans. On ne saura pas précisément ce qui est arrivé, si ce n’est qu’il y a eu une pandémie. Gemma dit : « Aucun d’eux n’a dû survivre. […] Comme si le monde avait été éteint en quelques jours, balayé par une plume. » C’est moins les causes qui intéressent l’autrice que les conséquences : le retrait d’une société, l’existence quotidienne dans une nature sauvage et belle.
La cellule familiale survit donc en autarcie, le père étant le seul à quitter régulièrement les lieux pour trouver et ramener de quoi survivre. La mère et les deux sœurs en revanche ne doivent pas quitter ce territoire protégé, sous peine d’essuyer sa fureur. On suit les actions et pensées de Gemma. Aguerrie par les entraînements physiques du père, éducateur impitoyable, elle sait tuer un cerf du premier coup avec son arc. Les oiseaux abattus sans pitié sont ensuite brûlés, car considérés comme des vecteurs de contamination. La mère de son côté agit comme un baume de tendresse. Elle incarne aussi la mémoire du passé, ressassant avec nostalgie des gestes, des objets et des instants d’avant leur confinement… « Dans les histoires de Maman je peux m’asseoir à la terrasse d’un bar et commander un sirop. Je bois avec une paille. La cassonade caramélise ma langue. »
Ce huis clos fait penser à Sukkwan Island de David Vann, dans lequel un père emmène son fils de 13 ans sur une île isolée, couverte de forêts et de montagnes escarpées pour y vivre un an. L’expérience se terminera tragiquement. Dans Le Sanctuaire, le paradis se fendille également, comme la soi-disant vérité. Il suffit d’un grain de sable, un fantôme et son aigle, pour qu’une forme de folie prenne le dessus.

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