LeTempsIvresse

A 750 mètres d’altitude, au sommet de la petite chaîne montagneuse de Germus, au sud de la Turquie, trône le sanctuaire de Göbekli Tepe. Erigé 10 000 ans avant notre ère, ce site est l’une des premières architectures humaines. Pourtant, aucune trace d’habitation: le lieu servait essentiellement à des rassemblements festifs, selon les archéologues. Qui y ont découvert d’immenses cuves en pierre capables de contenir 180 litres chacune avec, à l’intérieur, des résidus de bière. Göbekli Tepe est, à ce jour, le premier bar connu de l’humanité… et la preuve que les êtres humains aspirent à lever le coude depuis des temps immémoriaux. Pour une meilleure cohésion sociale.

Le goût de l’ivresse remonterait d’ailleurs bien plus loin selon le biologiste de l’évolution Robin Dunbar, qui affirme que nos ancêtres organisaient déjà des réunions alcoolisées il y a 400 000 ans, autour du feu enfin maîtrisé. Et que l’homme ne s’est pas mis à l’agriculture et sédentarisé pour accroître ses réserves de nourriture – qui se trouvaient en abondance autour de lui –, mais pour distiller sa gnôle. Après tout, même les chimpanzés raffolent de l’éthanol naturellement produit par les fruits fermentés…

Cette histoire, et tant d’autres, agrémente le voyage échevelé que nous offre l’étymologiste londonien Mark Forsyth dans Une Brève Histoire de l’ivresse. Un ouvrage aussi documenté qu’alerte sur les usages sociaux de l’alcool à travers les civilisations. Du «symposium grec» aux «beuveries monacales», des «maisons à bière médiévales» au «saloon de l’Ouest sauvage», en passant par la folie du gin qui s’abattit sur l’Angleterre au XVIIe, ce grand tour des bacchanales montre à quel point l’ivrognerie reste un rituel fondamental.

L’auteur s’est d’ailleurs penché sur la question pour comprendre sa propre appétence pour l’intempérance: «J’ai réalisé que je ne pouvais pas définir l’ivresse. Je sais ce que c’est. Je bois beaucoup moi-même, confie-t-il. Mais je n’arrivais pas à en donner une définition, ni mes amis, ni ceux rencontrés au pub. Et cela m’a fasciné: nous le faisons, mais nous avons du mal à l’expliquer. J’ai pensé qu’en me penchant sur les raisons de boire dans d’autres lieux et époques, comme dans l’Égypte ancienne, ou chez les Vikings scandinaves, je pourrais obtenir une meilleure explication à cette question: pourquoi buvons-nous ?»

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