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Comme son frère Camillo, auteur de Senso, Arrigo Boito écrivit des nouvelles, sous l’influence d’Hoffmann et d’Edgar Poe. Des nombreux récits projetés, seuls quatre ont été retrouvés dans des revues diverses. Le Fou noir se présente comme une variation métaphorique sur le bien et le mal, à travers la description d’une fatale partie d’échecs entre un dandy blanc et un révolté noir. Le Poing fermé est une méditation sur le pouvoir de l’argent dans une Pologne à demi fantasmée. Iberia et Le Trapèze sont quant à elles inédites en français. La première se déroule dans une Espagne intemporelle, cadre de la destinée de deux enfants royaux. La seconde raconte les mémoires d’un vieux sage chinois : vendu comme esclave, le philosophe dévoile à son disciple son exil forcé au Pérou, où il eut à passer dix années de sa vie dans un cirque comme acrobate.


L'AUTEUR

La renommée d’Arrigo Boito (1842-1918) est avant tout liée à la musique. Compositeur de Mefistofele et de Nerone, il écrivit pour Verdi les livrets des opéras Otello et Falstaff, tous deux d’après les œuvres de Shakespeare, et pour Ponchielli celui de La Gioconda, d’après Victor Hugo. Il fut par ailleurs l’un des chefs de file de la scapigliatura lombarde, sensibilité littéraire née avec l’unité italienne, en réaction au romantisme. Compositeur, librettiste, journaliste, polémiste, poète, Arrigo Boito fut l’un des principaux initiateurs de la littérature moderne italienne.


Idées fixes, trop fixes, d'Arrigo Boito

Traduit de l’italien par Olivier Favier et Jacques Parsi • Postface d’Olivier Favier
18 € • Format : 122 x 192 • 224 pages • ISBN : 978-2-916136-07-3


Les Éditions du Sonneur Bertrand du Chambon, Le Magazine des livres

Un jeune éditeur parisien, les Éditions du Sonneur, frappé d'un charmant crapaud en couverture, nous livre maintenant le recueil de nouvelles d'Arrigo Boito. Découverte ! Du tout frais, du méconnu ! Qui s'en plaindrait ? Vingt-six pages pour la nouvelle intitulée Le Fou noir ; trente-cinq pages pour Iberia ; trente-deux pages pour Le Poing fermé ; enfin, soixante-quinze pages pour Le Trapèze. À la fin de cette dernière, de longs points de suspension, suivis de la mention de l'éditeur : « Arrigo Boito laissa ce récit inachevé » (suit une intelligente post-face d'Olivier Favier : le gaillard connaît son monde). On vous laissera donc plonger jusqu'à votre résurrection dans les idées fixes de l'honorable Boito. Compliment suprême : un peu comme lorsqu'on lit Conrad, on est fort surpris, mais on ne regrette pas le voyage ; ensuite, on veut tout relire, et tout comprendre... gageure intenable, comme pour qui s'aventure dans Au cœur des ténèbres du même Conrad. En tout cas, lisez Boito. Vous me remercierez — une fois de plus !... Et je rappelle à mes lecteurs le plus distraits que les Éditions du Sonneur avaient déjà donné le poignant roman de Marie-Noël Rio, Pour Lili, et l'extraordinaire récit de Josef Bor : Le Requiem de Terezin. Chapeau bas.

Les Éditions du Sonneur Yves Martin, LivreEssentiel

Les Éditions du Sonneur, toujours à l'affût de textes injustement oubliés, nous font découvrir l'univers fantastique de Arrigo Boito, qui fut le librettiste de Verdi. L'éditeur nous propose ici quatre nouvelles qui explorent des territoires très différents de la littérature fantastique. Une écriture élégante et précise, quelque part entre Zweig et Leo Perutz, et une vraie découverte à partager.

Les Éditions du Sonneur Isabelle Bordes, Ouest France

Inédits, textes sortis de l'oubli, des livres choisis en tout cas. Depuis 2005, les Éditions du Sonneur soignent des réapparitions de Dumas, London, Loti, mais aussi du Tchèque contemporain Josef Bor... En mai, les élus sont Maupassant et Arrigo Boito. Ce dernier, librettiste de Verdi, se révèle un nouvelliste épatant, capable en quelques phrases d'emballer l'imagination.

Les Éditions du Sonneur Delphine Durand, Lelitteraire.com

[...] Rien de plus pénétrant, de plus démentiel, d'une enivrante et prestigieuse démence que ces quatre nouvelles écrites entre 1867 et 1874 qui témoignent de la science de l'arabesque d'Arrigo Boito enserrant de solides volumes. [...] Le Fou noir, en noir comme il sied, est un très brillant exercice en noir et blanc où éclatent les papillotements violents de la folie et de la mort. Quant au Poing fermé, c'est une misérable comédie humaine digne des eaux-fortes de Bresdin ou de James Ensor. Autre efflorescence bizarre, Le Trapèze, où l'aliénation qui règne absolue est parcourue d'une inquiétude onduleuse et froide, d'une luxure de décadence qui ne dit pas son nom. [...] Ibéria est une suite de visions merveilleuses. Un château magique et crépusculaire qui évoque les polyphonies wagnériennes (Lohengrin, Parsifal ou La Chevauchée), une princesse énigmatique et son cousin las de voluptés incestueuses assaillis de rêves sinistres. [...] Alliant les déformations linéaires, les bizarreries de nuances psychologiques, les récits publiés par les jeunes Éditions du Sonneur, dont les choix sont remarquables à divers points de vue, procèdent de l'hallucination psychique et de l'irréalité dans le réel, des désirs illuminés par le crépuscule fiévreux de l'inspiration noire.

Les Éditions du Sonneur idFM

Frédéric Hébuterne, journaliste de la radio idFM, interviewe Olivier Favier à propos de la parution d'Idées fixes, trop fixes.
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