Le Livre
CrielGaston

L'Os quotidien
Gaston Criel

16 € • 212 pages • 140 x 210 mm • ISBN: 978-2-37385-064-2

préface de Jacques Josse

À paraître le 28 septembre 2017

Peu avant l’Armistice de 1940, Robert Raynaud, le narrateur, est mobilisé. Il n’atteindra jamais le front car il est fait prisonnier et envoyé dans un camp de travail en Allemagne. En dépit de l’amertume de la situation, il y expérimente la camaraderie, les veillées pleines d’alcool. Puis arrive la Libération, ce temps suspendu, onirique, où Paris, que Raynaud regagne, est soudain transfiguré par la liesse et la fête. Errant des grands boulevards à Saint-Germain-des-Prés, dans un Paris tour à tour joyeux et mélancolique, il s’essaie pour survivre à tous les petits boulots – vendeur, assistant d’édition, etc. Jusqu’au moment où la paternité vient le conforter dans son nihilisme.
Dans L’Os quotidien, Gaston Criel passe du désespoir au rire avec une insolence narquoise et nous transporte au cœur des illusions et des désillusions de l’après-guerre, sans concession aucune. Il dépeint des existences chaotiques et met crûment à nu les êtres. Premier écrivain français à avoir écrit sur le jazz, il en fait sonner le rythme et les variations : du jazzman il a le souffle puissant, du poète, le verbe acerbe et l’ironie mordante. Il pousse dans L’Os quotidien un cri vibrant, empli de rage et de sarcasme, qui laisse éclore une tendresse délicate pour les êtres et une ardeur à la jouissance des choses. Afin de restituer l’humanité dans toutes ses contradictions.

L’auteur

Né en 1913 à Seclin, dans le Nord de la France, Gaston Criel est fait prisonnier en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale.
À la Libération, il s’installe à Paris et fréquente les milieux littéraires par l’intermédiaire de Jean Paulhan, qui le présente à Sartre (la légende raconte que le pape de l’existentialisme avait fixé à un paquet de Gauloises par mois le loyer qu’il demandait au poète désargenté pour la chambre qu’il lui louait rue Bonaparte). Pendant deux ans, à partir de 1945, il est le secrétaire de Gide.
En 1950, Criel s’embarque pour les États-Unis. Il y vit trois ans, et y rencontre entre autre Louis Armstrong et Dizzy Gillespie. À son retour, il fit la connaissance de Jean Cocteau, et l’assiste sur le tournage de La Belle et la Bête.
En 1954, il s’installe à Tunis pour deux ans, où il travaille pour Radio Tunis. Il rejoint la maison familiale de Seclin en 1964 et travaille alors comme publiciste pour son beau-frère, fabricant de caravanes. Criel se remet à l’écriture en 1978, pour publier une trilogie (Sexaga, Phantasma, Circus). Il publie dans des revues de poésie, le plus souvent confidentielles. Ses poèmes sont traduits en arabe, roumain, portugais. Il s’intéresse à partir de cette époque à l’art postal et participe à plusieurs réseaux mondiaux d’échanges de cartes et de collages originaux.
La dernière œuvre parue de son vivant est L’Os quotidien (1988). Il meurt en 1990 à Lille.